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Un excellent manuel de Maïeul Rouquette :
LaTeX appliqué aux Sciences humaines
Le seul livre sur LaTeX sans une seule équation !
Article mis en ligne le 22 avril 2017

par Laurent Bloch
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Licence : CC by-nd

 Pourquoi LaTeX

Depuis longtemps je milite, notamment sur ce site, pour convaincre mes lecteurs et surtout mes co-auteurs et éditeurs de renoncer à Word et à ses succédanés (y compris Google Docs qui ne vaut guère mieux) pour écrire leurs textes, cf. par exemple cet article ou celui-ci. Je souhaite les convertir à LaTeX (maintenant plutôt XeLaTeX, mais c’est fondamentalement la même chose).

Les avantages de LaTeX sur les logiciels de traitement de texte de type Word [1] sont une qualité typographique incomparable, et les apports des méthodes du génie logiciel : réutilisation, programmation, automatisation. C’est pourquoi LaTeX demande un investissement initial assez substantiel en apprentissage, qui sera largement rentabilisé par des gains de temps ultérieurs. En outre, LaTeX est le seul système de production de texte qui permette de produire une bibliographie et un index convenables (avec une exception pour le système de base de données bibliographiques Zotero, qui se combine d’ailleurs fort bien avec LaTeX).

Si la qualité typographique des documents produits par LaTeX est incomparable, c’est parce que LaTeX construit des pages, selon une architecture conforme aux règles de l’art, telles qu’illustrées par exemple par Jan Tschichold [2], là où les logiciels Wysimolwyg alignent des lignes les unes derrière les autres. Un livre composé avec LaTeX a une architecture, réussie ou ratée, c’est selon, mais si l’on ne cherche pas à s’éloigner des règles classiques en général le résultat est bon.

 Pourquoi ce manuel

Les logiciels Wysimolwyg prétendent être intuitifs, et ne demander aucun apprentissage, ce qui est bien sûr mensonger, ne serait-ce que parce que la typographie est compliquée. L’usage de LaTeX demande un apprentissage initial, pour lequel un manuel est utile. La plupart des manuels disponibles (mon préféré est celui de Bernard Desgraupes aux Éditions Vuibert) s’adressent à des auteurs de textes de mathématiques, de physique ou d’informatique, ce qui a pour effet d’en détourner les littéraires, qui en infèrent (à tort) que ce logiciel n’est pas pour eux.

Le livre dont il est question ici, publié aux Éditions Atramenta et disponible en téléchargement libre sous licence Creative Commons, vient rompre ce malentendu, et j’espère qu’il permettra à beaucoup de littéraires d’accéder enfin à ce logiciel si utile. L’auteur, Maïeul Rouquette, est assistant diplômé en histoire du christianisme antique et littérature apocryphe chrétienne à la Faculté de Théologie et de Sciences des Religions de l’Université de Lausanne. Il a été aidé pour ce travail par sa sœur Énimie, doctorante en latin médiéval, et par Brendan Chabannes, agrégatif en lettres modernes. Ces références garantissent le sérieux de l’approche des humanités par l’ouvrage, ce que confirment d’ailleurs les conseils pleins de sagacité dispensés par l’auteur sur la liste de diffusion de l’association GUTenberg et sur son site (j’en ai personnellement bénéficié).

Ce livre a aussi l’avantage, par rapport à ses prédécesseurs, de présenter d’emblée les versions modernes des logiciels, soit XeLaTeX pour la composition, le couple BibLaTeX - Biber pour la bibliographie, la classe Beamer pour les présentations (ce qui permet d’échapper à l’immonde Powerpoint, Pauvre Point en français). Ces logiciels supposent d’emblée que vos textes sources sont encodés en UTF-8 et que vous souhaitez une sortie au format PDF, ce qui délivre de certains archaïsmes des versions précédentes.

Le domaine de recherche de l’auteur l’amène à un usage fréquent du grec ancien, ce qui pour le multilinguisme lui fait préférer le style Polyglossia à Babel, peu adapté aux écritures autres que l’alphabet latin, mais si votre polyglossie se limite au français, à l’anglais et à l’allemand je me permets de vous suggérer eFrench.

Mais ce que j’ai préféré dans ce livre, ce sont les cinquante pages consacrées à la bibliographie, exercice particulièrement délicat comme le savent tous ceux qui ont été confrontés à un éditeur exigeant.

 Bibliographie avec BibLaTeX

Il y a très longtemps, même avec LaTeX, il fallait bricoler ses références bibliographiques dans le corps du texte. Puis vint Oren Patashnik, qui créa le logiciel BibTeX et le format de base de données bibliographiques associé, pour les fichiers .bib. C’était un immense progrès, par la séparation en deux du problème : dans un fichier ma-biblio.bib les références bibliographiques, rédigées selon des règles immuables (il y a eu des ajouts et des améliorations, mais les anciens fichiers .bib sont toujours valides), dans le document .tex la façon d’afficher les dites références bibliographiques et de les invoquer, selon les mille et une exigences des éditeurs variés.

Tout ceci était bel et bon, mais BibTeX avait vieilli : il n’avait jamais été bien adapté aux caractères composés, sans parler des systèmes d’écriture autres que l’alphabet latin. Introduire des URL, omniprésents de nos jours, demandait une gymnastique inconfortable, et la compatibilité avec l’extension hyperref destinée à placer dans le document PDF des signets, des liens et des sommaires « cliquables », pouvait laisser à désirer. Bref, il fallait un vent de rénovation, apporté par un nouveau style LaTeX, BibLaTeX, et le logiciel de compilation qui lui convient, Biber.

BibLaTeX est un logiciel remarquable, mais on ne peut pas dire que son abord soit très commode ; le manuel de référence (par Philip Lehman et quelques comparses) compte 259 pages assez arides. Aussi peut-on être reconnaissant à Maïeul Rouquette de nous en donner la quintessence en une cinquantaine de pages plus lisibles, quitte à se reporter au manuel de référence pour les détails.

À signaler aussi, pour ces questions de bibliographie, que si vous devez produire des documents avec Word ou ses succédanés (il n’est malheureusement pas toujours possible d’y échapper), il existe un excellent logiciel libre de construction de base de données bibliographiques, Zotero, qui permet une conversion au format BibLaTeX ; la conversion est également possible dans l’autre sens, par importation d’une base BibTeX ou BibLaTeX dans Zotero. Zotero a été conçu et réalisé par une équipe du Center for History and New Media de l’université George Mason (Fairfax, Virginie, États-Unis).

Notes :

[1Ces logiciels sont dits Wysiwyg, What you see is what you get. Les mauvaises langues disent plutôt Wysimolwyg, What you see is more or less what you get.

[2Cf. le livre de Ruari McLean Jan Tschichold : typographer.


Forum
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LaTeX appliqué aux Sciences humaines
Alain Jezequel - le 23 avril 2017

Je me souviens avoir lu dans un article ou une interview de Jean-Paul Delahaye (excusez du peu) qu’il n’avait jamais eu besoin de plus que Word.
La plupart des doctorants se contentent maintenant de Word, et c’est souvent ce que les revues leur réclament.
Pour paraître sérieux auprès des "barbus" (ie les anciens utilisateurs chevronnés d’Unix et Linux) il faut pratiquer la ligne de commande et LaTex. Mais les temps changent...
Par ailleurs, quid de Lyx ?

LaTeX appliqué aux Sciences humaines
Laurent Bloch - le 23 avril 2017

Libre à eux d’utiliser Word si leur directeur de thèse accepte la laideur du résultat.

Cela dit, les inconvénients de Word excèdent ceux de la laideur typographique : dès que l’on écrit régulièrement, il est source d’une grande perte de temps.



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