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Le Projet Unicorn

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Rappel de la discussion
Le Projet Unicorn
Laurent Bloch - le 30 septembre 2020

Réponse à un lecteur :

À la lecture de ton message je suis pris de remords ; j’aurais dû
insister plus lourdement sur ce que j’écris aux deux derniers
paragraphes : ce roman ne vise pas à être un chef d’œuvre
littéraire, mais à décrire l’univers quotidien d’une profession
dans son langage professionnel. Or ce langage utilise des
mots particuliers (la plupart du temps anglais) pour évoquer
des objets inconnus du public. Et s’il avait fallu pour chacun
de ces objets expliquer sa nature et son usage, le livre serait
devenu un manuel d’informatique.

Pourquoi Émile Zola pouvait-il décrire le monde de la mine et
être compris de ses lecteurs, alors que Gene Kim échoue
visiblement à décrire le monde du développement informatique
de façon compréhensible pour les profanes ? Il y a certes une
difficulté particulière qui tient au fait que les objets du
programmeur sont des abstractions, plus difficiles à évoquer.
Mais aussi au fait suivant : mon grand-père et mon père, de
formation purement littéraire, ressentaient comme une
obligation morale le fait de comprendre le fonctionnement d’une
locomotive, d’une centrale électrique, d’un four Bessemer. La
compréhension du système technique contemporain ne semble
plus s’imposer, et de fait il est difficile à comprendre, il faudrait
pour cela l’enseigner, comme tu le remarques. Je crains aussi
que la France soit en train de décrocher, parce que ce livre est
un best-seller aux États-Unis, où il semble donc trouver des
lecteurs.

Le Projet Unicorn
- le 16 octobre 2020

J’attribue une partie de cette incompréhension à quelques grandes classes de "raisons" :
1- l’informatique a longtemps été un métier de spécialistes qui a gardé une "distance" par rapport au commun des mortels et même par rapport aux "gestionnaires". On peut se demander si cela n’a pas été "cultivé". Ce n’est pas le seul métier dans ce cas : la médecine et le droit par exemple.
2- les fondamentaux d’une architecture informatique : processeur mémoire stockage réseaux données évènements flux applications langages compilateurs ne sont pas clairement assimilés, expliqués
3- un mélange, dans trop de milieux (dont éducation, médias), des concepts fondamentaux de l’usage des outils, du "codage"
4- de très nombreux langages de programmation qui se multiplient et évoluent. Cela rend à mon avis impossible une continuité dans la construction d’un "modèle" de référence depuis les bases avec compléments, complexification progressive comme les notations mathématiques (je sais que je suis "original" avec cet argument)
5- l’exclusion de toute possibilité de comprendre avec la place donnée (par les médias) à des modes comme l’IA ou le traitement de données massif qui, de plus, seraient hors de portée en dehors de la Californie.