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Un coup de dés jamais n’abolira le hasard

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Rappel de la discussion
Remarques typographiques
Alain Hurtig - le 11 juillet 2018

Le didot d’Hoeffler n’est évidemment pas celui choisi par Mallarmé, et pour cause : un siècle les sépare — et Hoeffler a, dans son dessin, évidemment tenu compte des conditions modernes de composition et d’impression : au plomb, son travail ne tiendrait probablement pas une seconde, et moins encore sur les papiers utilisés à l’époque.

Par ailleurs j’ignore de ce qu’était vraiment ce didot soi-disant inédit employé pour l’édition-princeps-qui-n’a-jamais-vu-le-jour, mais il serait fort étonnant que ce soit celui qui a servi de modèle à Hoeffler (un magnifique didot de Molé Le Jeune, voir aussi ici) : je suppose que Firmin-Didot a choisi quelque chose qui se trouvait déjà dans les collections de l’entreprise.

En sorte qu’il serait plus juste d’écrire que Mallarmé avait choisi le didot plutôt qu’une autre police, ou (et c’est le plus probable) que se faisant composer et imprimer chez Firmin-Didot, ce caractère s’imposait forcément à lui.

À noter que le didot employé dans l’édition de Gaby Mrôrch est l’horrible version d’Adrian Frutiger, dessinée pour Linotype. À la décharge de Gaby Mrôrch, à l’époque on n’en trouvait pas d’autre ou alors très difficilement (ce très beau travail a par ailleurs été composé sous LaTeX, comme quoi quand on maîtrise l’engin tout est possible, même le presque impossible...).


Ce que j’aime bien dans mes deux versions, en fait (celle en didot et celle en bodoni, je veux dire), c’est qu’on voit bien en les comparant que comme la métrique est très différente d’une police à l’autre, comme le gris généré l’est aussi, on ne peut tout simplement pas composer les pages de la même manière alors même que le format de page reste le même : si je m’étais contenté de substituer une police à l’autre, tout se serait cassé la figure.

En sorte qu’il n’y a pas (contrairement à ce qu’on a pu raconter) une version du Coup de dés dont la composition restituerait fidèlement le poème, mais toutes sortes de versions, bonnes ou mauvaises, et forcément « infidèles » puisqu’ici la fidélité ne signifie tout simplement rien.

Mais quand même, je trouve que ma version en bodoni danse mieux (rires) : celle en didot est trop sévère...